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Fraternité Franciscaine séculiere de Normandie

Ce blog permet de nous faire connaître et de découvrir la Fraternité Franciscaine Séculière de Normandie.

« Même pour un seul de ces petits » : l'accueil du pauvre, chemin franciscain

« Même pour un seul de ces petits » : l'accueil du pauvre, chemin franciscain
« Même pour un seul de ces petits » : l'accueil du pauvre, chemin franciscain
« Même pour un seul de ces petits » : l'accueil du pauvre, chemin franciscain
« Même pour un seul de ces petits » : l'accueil du pauvre, chemin franciscain

« Quiconque accueille un seul de ces petits en mon nom, c'est moi qu'il accueille » (Mt 18,5)

En cette rentrée, une parole d'Évangile revient avec insistance dans l'actualité de l'Église : c'est elle que le pape Léon XIV a choisie, le 11 août dernier, fête de sainte Claire d'Assise — pour orienter le regard des chrétiens vers les plus vulnérables. Une coïncidence de calendrier qui n'en est peut-être pas une : dater ce message le jour de Ste Claire, c'est déjà suggérer une clé de lecture franciscaine.

Car bien avant d'être une question de politique migratoire, l'accueil du petit et du pauvre est une expérience spirituelle que François d'Assise a vécue dans sa chair. Fils de marchand devenu pauvre volontaire, il a choisi de descendre au rang des plus petits — les lépreux qu'il embrasse, les brigands qu'il nourrit, les pauvres auxquels il donne jusqu'à ses vêtements. Sa Règle non bullée le dit sans détour : les frères doivent se considérer eux-mêmes comme « pèlerins et étrangers » en ce monde, sans lieu qui leur appartienne, sans rien à défendre — condition même qui les rend capables d'accueillir qui vient. On ne reçoit vraiment l'autre que depuis une pauvreté assumée, jamais depuis une forteresse de jugements, de peurs ou de mépris.

Cette logique atteint son sommet symbolique lorsque François, en pleine croisade, traverse les lignes pour aller à la rencontre du sultan Al-Malik al-Kamil — non pour convertir par la force, mais pour se faire lui-même l'étranger désarmé face à un autre, dans le respect mutuel. Et c'est cette même hospitalité inconditionnelle qui se pratique très concrètement à la Portioncule, où quiconque frappe, pauvre, pèlerin, voyageur, et trouve porte ouverte. La minoritas franciscaine, ce choix de se faire petit, n'est jamais un renoncement triste : c'est la condition pour reconnaître le Christ dans le plus démuni, exactement comme le formule Matthieu au verset 18,5.

Le message du pape prend un relief particulier cette année puisqu'il paraît quelques semaines avant son voyage en France, du 25 au 27 septembre — ce dernier jour coïncidant précisément avec la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié. Sans entrer dans un débat qui, en France, reste vif et clivant, on peut retenir l'essentiel de l'invitation évangélique : ce n'est pas d'abord une question de chiffres ou de frontières, mais de regard porté sur « un seul ». « Ce n'est pas discuter de pourcentages », rappelle justement le dicastère romain à l'origine du message : «même pour un seul» est une valeur en soi, indépendante de toute politique. Nous sommes fils et filles de Dieu.

Pour nos fraternités, la question qui s'ouvre en cette rentrée n'est donc pas d'abord celle des grands équilibres nationaux, mais celle, plus intime et plus exigeante, que François posait déjà à ses frères : qui, autour de nous, est ce petit que nous ne voyons plus ? Un voisin isolé, un aîné oublié, un jeune en rupture, un pauvre à notre porte. L'Évangile ne demande pas de résoudre les problèmes du monde,  il demande d'ouvrir, au moins une fois, une porte à un seul.

Nadine, août 26. Hommage à Antoinette.

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