Ce blog permet de nous faire connaître et de découvrir la Fraternité Franciscaine Séculière de Normandie.
18 Décembre 2025
FRATERNITE SAINTE CLAIRE
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Quand, dans les années 1990, le bureau régional de la Fraternité Franciscaine Séculière de Normandie demanda aux équipes de se choisir un patronyme franciscain pour échapper au carcan géographique, nous vîmes là une occasion providentielle d’affirmer et affermir notre appartenance franciscaine, une sorte d’engagement commun de notre fraternité alors que l’engagement personnel ne signifiait pas grand-chose pour la plupart d’entre nous.
Sans longue hésitation et sous l’influence, sans doute, des fortes personnalités de Guyonne, Françoise et Magda, notre choix s’est porté naturellement sur la figure de Ste Claire d’Assise.
Cette fille de la noblesse d’Assise, fugueuse à 17 ans pour rejoindre le Christ à travers François et son cortège de pauvreté, était pour nous une préfiguration du féminisme assumé et d’un engagement francicain absolu.
Née en 1193 à Assise, Claire Favarone di Offraducio fuit à 10 ans avec sa famille à Pérouse, lors de la révolte populaire qui renverse le régime féodal à Assise (1203-1209). A 13 ans, elle entend parler de François Bernardonne et de la conversion retentissante de ce « flambeur » de la jeunesse dorée d’Assise. Après une première rencontre à 17 ans, suite aux prédications de François dans la cathédrale d’Assise, elle quitte de nuit la maison familiale pour rejoindre François et ses frères à la Portioncule. Elle a alors 18 ans. François reçoit sa promesse de suivre le Christ pauvre et, après une courte cérémonie de tonsure, l’installe à St Damien qu’il vient de restaurer. Elle fonde alors avec ses premières compagnes l’ordre des Clarisses, dont elle devient abbesse à 23 ans.
Bien qu’ayant rejeté les facilités de sa position sociale, elle n’a pas pour autant rompu avec sa famille, puisque ses sœurs et sa mère, Ortolana, la rejoignent à St Damien, ni avec la haute société, comme en témoigne son abondante correspondance avec Agnès de Prague, fille du roi de Bohême et fiancée à Henri, le fils aîné de l’empereur Frédéric II, mais qui a elle-même renoncé à cet avenir grandiose pour épouser, à l’exemple de Claire, le Christ pauvre, en se retirant dans un monastère de Clarisses qu’elle a d’ailleurs fondé et dont elle deviendra bientôt abbesse.
Le choix de Claire d’une vie de prière et de renoncement n’est pas cependant facilement accepté par l’Église officielle. La règle d’adhésion à « Dame Pauvreté », qu’elle rédige pour l’ordre des Clarisses, n’est approuvée par le pape Innocent IV que le 9 août 1253, deux jours avant sa mort, à 60 ans.
Sa vie de pauvreté, de dévouement à ses sœurs et à François, l’autorité naturelle qu’elle manifeste à la tête de son ordre et dans son obéissance à l’Église, font de Claire un exemple pour son temps et le nôtre. Sa canonisation, le 15 août 1255, 2 ans après sa mort, a moins attendu que l’approbation de la « forme de vie » qu’elle avait rédigée pour ses sœurs. Ses recommandations à distance vers Agnès de Prague et les nombreux couvents de Clarisses qui essaimaient à travers l’Europe, lui ont valu d’être proclamée par Pie XII, en 1958, « patronne de la télévision ».
Pour aller plus loin : Marco Bartoli, Claire d’Assisse, 1993 Paris Fayard.
Claire-Marie Ledoux, Initiation à Claire d’Assise, 1997 Cerf