Ce blog permet de nous faire connaître et de découvrir la Fraternité Franciscaine Séculière de Normandie.
29 Décembre 2025
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Claire d’Assise, fille de la noblesse d’Assise, fugueuse à 17 ans pour rejoindre le Christ à travers François et son cortège de pauvreté, était pour nous une préfiguration du féminisme assumé et d’un engagement franciscain absolu.
Née en 1193 à Assise, Claire Favarone di Offraducio fuit à 10 ans avec sa famille à Pérouse, lors de la révolte populaire qui renverse le régime féodal à Assise (1203-1209). A 13 ans, elle entend parler de François Bernardonne et de la conversion retentissante de ce « flambeur » de la jeunesse dorée d’Assise. Après une première rencontre à 17 ans, suite aux prédications de François dans la cathédrale d’Assise, elle quitte de nuit la maison familiale pour rejoindre François et ses frères à la Portioncule. Elle a alors 18 ans. François reçoit sa promesse de suivre le Christ pauvre et, après une courte cérémonie de tonsure, l’installe à St Damien qu’il vient de restaurer. Elle fonde alors avec ses premières compagnes l’ordre des Clarisses, dont elle devient abbesse à 23 ans.
Bien qu’ayant rejeté les facilités de sa position sociale, elle n’a pas pour autant rompu avec sa famille, puisque ses sœurs et sa mère, Ortolana, la rejoignent à St Damien, ni avec la haute société, comme en témoigne son abondante correspondance avec Agnès de Prague, fille du roi de Bohême et fiancée à Henri, le fils aîné de l’empereur Frédéric II, mais qui a elle-même renoncé à cet avenir grandiose pour épouser, à l’exemple de Claire, le Christ pauvre, en se retirant dans un monastère de Clarisses qu’elle a d’ailleurs fondé et dont elle deviendra bientôt abbesse.
Le choix de Claire d’une vie de prière et de renoncement n’est pas cependant facilement accepté par l’Église officielle. La règle d’adhésion à « Dame Pauvreté », qu’elle rédige pour l’ordre des Clarisses, n’est approuvée par le pape Innocent IV que le 9 août 1253, deux jours avant sa mort, à 60 ans.
Sa vie de pauvreté, de dévouement à ses sœurs et à François, l’autorité naturelle qu’elle manifeste à la tête de son ordre et dans son obéissance à l’Église, font de Claire un exemple pour son temps et le nôtre. Sa canonisation, le 15 août 1255, 2 ans après sa mort, a moins attendu que l’approbation de la « forme de vie » qu’elle avait rédigée pour ses sœurs. Ses recommandations à distance vers Agnès de Prague et les nombreux couvents de Clarisses qui essaimaient à travers l’Europe, lui ont valu d’être proclamée par Pie XII, en 1958, « patronne de la télévision ».
Pour aller plus loin : Marco Bartoli, Claire d’Assisse, 1993 Paris Fayard.
Claire-Marie Ledoux, Initiation à Claire d’Assise, 1997 Cerf
article écrit par DIDIER MORTAIN, fraternité Sainte Claire de LILLEBONNE