Ce blog permet de nous faire connaître et de découvrir la Fraternité Franciscaine Séculière de Normandie.
1 Décembre 2025
/image%2F7179113%2F20251202%2Fob_1c32b7_logo-frat.png)
Portrait de St François
Le 4 octobre, nous fêtons Saint François d’Assise… qui est-il ?
Librement inspiré du livre de Jacques Dalarun : « La vie retrouvée de François d’Assise » par Nadine Deswasière.
François est né à Assise, en 1181 et mort en 1226. Moins de 2 après sa mort, il fut canonisé par le pape Grégoire IX puis désigné Saint Patron de l’Italie. Il a rompu avec les seigneuries d’Église et les guerres saintes, le système féodal seigneurial et l’amour de l’argent des bourgeois et marchands. Il est revenu à l’évangile de la mission, du mouvement, de la pauvreté, de la fraternité et de la paix. Il est associé aux aspirations profondes de notre temps : au patronage des animaux et de l’environnement naturel, est considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux, éveilleur d’humanité, de paix et de solidarité entre les hommes.
Et pourtant…
Jusqu’à sa 25ème année, François a vécu en recherchant les misérables agréments du siècle et était tenu pour le plus vain et le plus débridé, cherchant gloire et honneurs, nourrissant de grandes ambitions personnelles. Il était riche, bourgeois et prodigue, dissipant la richesse de son père, drapier, en festivités. Son rêve, devenir noble et chevalier…
C’est alors que…
Prisonnier de guerre, il tombe malade. En songe, Dieu lui parle et bouleverse ses projets. Il avait découvert un trésor ! Sa transformation intérieure prendra 3 ans… Il n’aura alors de cesse de prier Dieu, à l’écart, faisant pénitence et s’interrogeant sur sa mission de vie.
La nouvelle forme de vie évangélique se place sous le signe de la mobilité apostolique… les disciples sont envoyés en mission annoncer la Paix, la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’Espérance du Royaume et prêcher la conversion, en communion avec l’Église. Les frères mineurs ne peuvent recevoir d’argent ni posséder de biens, libérés de tout attachement, ils doivent gagner leur vie. La fraternité est sans hiérarchie, sans pouvoir, affranchie de toute domination… ils sont en paix et joyeux. Les décisions et les grandes orientations de la Fraternité sont prises en communauté. Les frères mineurs se doivent de « n’aspirer jamais
à devenir grands, à s’élever au-dessus des autres. Leur vocation est de rester en bas et de suivre les traces de l’humilité du Christ » écrira François.
Loin d’une démarche ascétique triste et compassée, la communion est basée sur la Parole qui devient vie, chant, expérience et émerveillement !
François n’a laissé que quelques écrits, qui illuminent l’intériorité du Saint : « les Règles de l’ordre, son Testament, des lettres, admonitions, prières et louanges. Nous y sentons vibrer son âme, tout ce qu’il cachait dans le secret de son cœur y est révélé, son amour plein de feu et d’adoration pour le Très-Haut et Tout-Puissant bon Seigneur, sa contemplation passionnée du Christ, pauvre et crucifié, sa vénération pour la Vierge Marie, son assimilation de l’esprit des Évangiles, sa charité, son humilité, sa douceur, son zèle apostolique, son amour pour toutes les créatures. » P Umberto Occhialini ofm, présentation de « Au jour le jour avec François d’Assise ».
/image%2F7179113%2F20251202%2Fob_10029e_st-francois-portrait.jpg)
Librement inspiré du livre de François Cheng : « Assise, une rencontre inattendue » par Nadine Deswasière.
On imagine trop volontiers un Saint au caractère primesautier, fougueux, à l’âme candide, qui aime parler aux oiseaux et offre une figure constamment joyeuse… alors qu’en fait, François est un être habité, transformé en un élan sans cesse renouvelé vers l’Amour absolu. Pour cela, il fut prêt à payer le prix fort en se dépouillant de tout, en renonçant à toute possession. La pauvreté est pour lui un acte d’engagement radical… c’est en se creusant de faim et de soif, en faisant don total de tout qu’il reçoit les vrais dons de l’Amour.
Sa bonté non plus n’est pas complaisance mièvre ni tolérance béate. Elle est d’une terrible exigence qui demande d’avoir vaincu en soi tout calcul, tout préjugé, toute répugnance, toute peur (voir baiser au lépreux, les brigands).
La joie de François ne provient pas d’une disposition naïve. Elle est le résultat d’une conquête intérieure, après être passée par toutes les épreuves, y compris celles de la stigmatisation… elle a pris en charge les souffrances personnelles et les douleurs du monde.
Dans le portrait peint par Cimabue qui se trouve à la basilique inférieure d’Assise, il est frappant de voir la lueur de lucidité de son regard qui nous enveloppe et nous pénètre jusqu’au plus intime, nous invitant à nous débarrasser d’inutiles oripeaux et à revenir à la simplicité.
Autre élément marquant, les oreilles décollées, étonnamment larges sont tout ouïe, comme pour mieux écouter jusqu’au bout, jusqu’à ce que, entre nous, advienne l’infini.
Loin d’une image convenue, Saint François est un « Grand Vivant » pour qui tout est rencontre, interaction, occasion d’une possible transformation. Il ne se dérobe pas face à ce qui est hostile, éprouvant, nuisible : privations, intempéries, bêtes sauvages, brigands, lépreux… François se fait « vide vivifiant » un peu à l’image du Créateur qui s’oblige à se tenir en retrait afin que les créatures puissent pleinement vivre.
/image%2F7179113%2F20251202%2Fob_5727b9_st-francois.jpg)